PRESSE
le Matin du Sahara
SOCIETE
19/05/2003


Fondation pour le développement local et le partenariat


Crédits pour le renforcement des micro-projets en milieu rural


Le fonds Hassan II pour le développement économique et social apportera très prochainement une seconde contribution pour le soutien du circuit du micro-crédit selon des critères qui accordent la priorité à l’action en milieu rural.

Elle s’appellent Habiba, Fatima, Itto, etc. Elles sont femmes, mères, indigentes et soutien de famille.

La première est la doyenne des bénéficiaires des micro-cédits octroyés Par La Fondation pour le développement local et le partenariat micro-crédit (Fondep). Elle gère actuellement une unité de production de tapis.
La seconde est commerçante dans le souks hebdomadaires et arrive, bon an mal an, à subvenir aux besoins de son foyer.
la troisième, quant à elle, Produit des tapis berbère qu’elle revend pour subvenir à ses besoin et à ceux de sa famille.

Images d’Epinal ? Non, plutôt des réalités d'un Maroc qui recentre son action vers la réalisation d'un meilleur être pour les couches démunies de sa population. Notamment les femmes et les habitants du monde rural.

Grâce au système du micro-crédit, la Fondation contribue, à l’instar d’autres associations, au financement de projets économiques de petite taille au profit des femmes en milieu rural et des jeunes exclus du marché du
travail ne disposant d’aucun revenu et désireux de s’insérer dans le tissu économique. Les bénéficiaires, individus ou groupes solidaires ( coopératives, associations, etc ) n’ayant aucun accès au système bancaire, peuvent, par ce biais, exercer une activité génératrice de revenus dans les secteurs de l’artisanat, de l’agriculture ou des prestations de services.

La Fondation a pour objectif de contribuer à l’insertion des personnes économiquement lesées dans le tissu productif. Elle se donne également pour finalité d’aider à l’amélioration des conditions de vie des populations
Pauvres .
Créée en 1996, La Fondep s’est inscrite, dans le cadre d’une large mouvance nationale visant à trouver solution « aux difficultés éprouvées par les populations vulnérables, aggravées par les crises récurrentes nées de la sécheresse, l’exode rural et la persistance de l’analphabétisme », souligne Mouâtassim Belghazi, président de la Fondep.

C’est dans cet esprit que cette dernière a voulu que toutes ses opérations servent exclusivement les intérêts des populations démunies n’ayant aucun accès au système formel de crédit.
Dans ce sens, une attention particulière a été accordée aux femmes et aux jeunes diplômés du monde rural, désireux de créer ou de développer leurs propres activités.
La femme occupe, sur ce fait, une place privilégiée dans les programmes de la Fondep tant au niveau de l’octroi des micro-crédits ( 84 % des micro projets financés ), qu’aux niveaux de sa promotion, de sa formation, de son insertion dans le tissu social et de son alphabétisation.

L’intérêt ainsi accordé au sexe féminin émane du postulat selon lequel lorsque la femme réalise son autonomie économique, l’on observe, de facto, une amélioration des niveaux de santé, de nutrition et d'éducation de tous les autres membres du foyer, particulièrement les enfants.

Dans ce sens, la Fondep considère comme très positive la vision élaborée par le ministère des Finances en faveur du monde rural. Lequel devrait bénéficier, cette année, de l’appui du Fonds Hassan II en vue de la promotion des activités génératrices de revenus.

Inventé au Bangladesh par le Professeur Yunus durant les années 70 le micro-crédit qui s'est cristallisé à travers la Grameen Bank, repose, en effet, sur un constat et un principe très simples : les plus pauvres d’entre les pauvres n’ont pas accès aux banques, et donc au crédit, car ils ne peuvent offrir de garanties.

Ce système ayant été, dès les premiers balbutiements, appliqué essentiellement aux femmes et au milieu rural, il ne pouvait en être autrement au Maroc et La Fondep ne pouvait y déroger.

Son intervention dans les milieux féminins et ruraux s‘effectue par le biais de groupes solidaires ou de coopératives rurales, elle dispose également d’agences à Al Hoceima, Chefchaouen, Marrakech, El Haouz, Immouzer el Kandar, Khouribga, Rabat Salé, Séfrou, Taounate, Targuiste, Ifrane et Ouazzane.


Ahmed Saâïdi

Une action d'appui et de conseil

Parallèlement à son activité en matière d’octroi de micro-crédits, La Fondep mène une action d’appui et de conseil dont l’impact sur la réussite des micro-projets est considérable.
Par ailleurs, elle agit dans le cadre de la FNAM (Fédération Nationale des Associations de Micro-Crédit ) dont elle assure la vice-présidence, pour l’organisation du secteur.
Cette action, assure le président de la Fondation, « est dictée essentiellement par une prise de conscience que seul un secteur structuré et organisé est à même d’assurer la croissance harmonieuse de tous les acteurs du secteur, facilitant ainsi la généralisation du micro-crédit sur l’ensemble du territoire national et de répondre positivement aux attentes des autorités marocaines qui contribuent au soutien du secteur par le biais des institutions nationales et plus particulièrement le Fonds Hassan II pour le Développement économique et social ».


Offrir une chance plutôt que de prêter de l'argent

lssu des micro-financements solidaires développés dans des pays comme le Bengladesh, le micro-crédit est un principe de prêt de petites sommes à des acteurs économiques assez pauvres, et qui ont un projet dont la rentabilité ne répond pas aux critères de garantie bancaire classiques. Les sommes, de 500 DH à 50 000 DH, peuvent se rembourser avec des taux fixes et des échéance personnalisées. Les taux sont assez élevés, mais les remboursements sont adaptés à chacun, les retards sont aisément négociables et les acteurs ne sont pas contraints de rembourser s’ils ne peuvent pas le faire ( pas d’hypothèque).
Le micro-crédit s’adresse le plus souvent à des artisans, agriculteurs, éleveurs… qui souhaitent acheter du matériel, étendre leur espace de vente ou encore développer leur autonomie de production.
Certains organismes conditionnent l’octroi d’un micro-crédit à l’existence d’une association ou d’une coopération d’acteurs (principe de co-responsabilité).
Les critères de sélection sont la motivation, la réputation, la fiabilité de la personne, et la cohérence du projet. Il s’agit d’offrir une chance et non pas prêter de l’argent. Néanmoins, une évolution du patrimoine et des conditions de réalisation du projet est effectuée afin de déterminer les conditions d’attributions du prêt. La réussite de leur projet est censée soutenir les bénéficiaires dans leur quête d’un financement bancaire classique.