Microfinance: «L’antichambre de la bancarisation»
· C’est ainsi que la perçoit Othmane Benjelloun
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Une journée d’étude a permis d’identifier
des pistes de partenariat entre la finance et la microfinance
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Objectif: arriver à financer 700.000 clients d’ici 2010
Où trouver les 4,5 milliards de DH afin de financer les prochains 700.000
clients de la microfinance d’ici la fin de la décennie
en cours? C’est une des questions qui a retenu l’attention
des participants à la journée de la microfinance. Coorganisée
par la Fédération nationale des associations de microcrédit
(FNAM) et Planet Finance (www.leconomiste.com), le jeudi 27 mai, cette
manifestation a vu la participation d’une frange importante du
microcosme financier national, des intervenants du secteur nationaux
et internationaux et des bailleurs de fonds venus de différents
horizons.
Objectif: tenter de trouver des solutions aux nombreux obstacles qui
entravent le développement de cette activité qui a pris,
au niveau national, un bon essor ces derniers temps. D’ailleurs,
aujourd’hui l’expérience marocaine est en passe de
devenir une référence dans les pays du pourtour méditerranéen,
ainsi que le précise Rida Lamrini, président de la Fnam.
Le Maroc étant le premier pays à avoir mis en place une
loi qui encadre et organise le secteur. Difficulté d’accès
au financement, répartition inégale des octrois de crédit...
les problèmes de fonds sont nombreux et demandent la participation
de tous les intervenants.
Plusieurs niches de croissance ont été examinées
lors de cette journée. Il s’agit en premier lieu de couvrir
les demandes du monde rural, servir la PME et traiter les besoins non
satisfaits des ménages. Et cela, à travers notamment une
offre de services financiers d’épargne tels que les assurances
et la retraite. Toutefois, pour aboutir à une bonne exploitation
de ces débouchés, une mise à niveau des structures
est nécessaire. Cela pourrait s’effectuer en renforçant
les capacités existantes, l’établissement d’un
code de déontologie, le développement d’une centrale
des risques et enfin le traitement de la compensation des crédits.
Cette mise à niveau implique aussi l’amélioration
des compétences des ressources humaines ainsi que la mise en
harmonie des dispositions réglementaires. Les opérateurs
souhaitent en fait bénéficier d’un statut avancé
tel que celui des banques, pour accéder aux ressources des marchés
de capitaux. C’est ce qu’ils appellent «l’intégration
financière».
L’expérience internationale a d’ailleurs prouvé
que les chances de succès de la microfinance sont plus élevées
lorsqu’elle est présentée comme une activité
bancaire professionnelle qui dispose de ressources importantes et d’une
perspective à long terme.
La Fnam préconise d’accéder au refinancement auprès
des institutions financières et bénéficier ainsi
de garanties partielles et de prêts pour encourager les banques
locales à constituer des lignes supplémentaires.
Par étape, le principe est d’abord de faciliter l’accès
de ses membres aux lignes de crédit bancaires, mobiliser ensuite
l’épargne des microentrepreneurs, financer des dettes par
les marchés de capitaux et enfin lever des fonds sur la Bourse
en s’y introduisant. Cette intégration financière
est selon les professionnels le seul moyen de satisfaire les exigences
de croissance du secteur, en lui permettant une gestion maîtrisée
des risques financiers et de contrepartie, et une amélioration
de ses fonds propres.
Le secteur financier marocain est d’ailleurs conscient du rôle
que peut jouer la microfinance non seulement dans la lutte contre la
pauvreté mais aussi dans la transition des activités informelles
vers le formel, de la microentreprise vers la toute petite entreprise…
«En définitive, il s’agit de l’antichambre
de la bancarisation», comme l’a si bien indiqué Othmane
Benjelloun, président du GPBM. Il a également tenu à
préciser que la plupart des banques marocaines ont déjà
soutenu le secteur en accordant des crédits, parfois à
des taux bonifiés, aux associations qui présentent «un
risque moindre».
Toutefois, et en bon banquier qui se respecte, Benjelloun a mis en garde
contre toute forme d’»angélisme». «Soyons
clairs, les banques ne peuvent financer seules la croissance importante
escomptée du secteur et en supporter les risques, d’autant
que les règles prudentielles, auxquelles elles sont soumises,
sont de plus en plus rigoureuses», ajoute-t-il. D’où
l’intérêt, pour lui, d’instituer des mécanismes
d’intermédiation entre l’institution de microfinance
d’une part et le financier d’autre part. Il existe d’ailleurs
des success stories dans ce domaine en Amérique latine et en
Asie.
Fédoua
TOUNASSI