650.000
micro-crédits en 2003
Beaucoup reste à faire
Les micro-crédits
étant un outil efficace pour lutter contre la pauvreté
en permettant à une bonne partie de la population d'acquérir
ses besoins et de réaliser de petits projets, le gouvernement
a mené une réflexion pour amender la loi 18-97 concernant
les micro-crédits afin qu'ils couvrent le financement d'habitat
social, de l'électrification et l'installation d'équipements
pour se procurer de l'eau potable.
Lors de la session parlementaire précédente, cette loi
a été amendée en soulignant, dans son deuxième
article, qu'un micro-crédit est tout prêt ayant pour objectif
d'aider des individus dans une situation précaire en vue du lancement
de projets leur garantissant une meilleure intégration économique
et pour se procurer ou construire des habitations ou de les doter d'éléctricité
et d'eau potable. Toutefois les micro-crédits n'ont pas enregistré
une grande croissance qui les ferait contribuer de manière plus
active et plus concrète au développement économique.
Jusqu'en septembre 2003, seulement 650.000 micro-crédits ont
été accordés, un faible chiffre en comparaison
avec ceux enregistrés dans plusieurs pays en développement
et dont la situation est presque identique à celle du Maroc.
En Amérique Latine et en Asie, les micro-crédits ont connu
un grand essor permettant à une large part de la population de
mieux s'insérer dans le processus du développement économique
et de réaliser des projets qui les font vivre de manière
plus digne et plus décente. Pour que les micro-crédits
puissent réussir dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion
sociale, il est nécessaire de les généraliser,
de renforcer leurs ressources et de diminuer leurs taux d'intérêts
en prenant en considération les spécificités de
la société marocaine. Plusieurs associations travaillent
dans ce domaine et ont pu avoir de bons résultats mais qui restent
encore en deçà des attentes.
Ces associations ne couvrent pas toutes les régions du Maroc,
notamment les zones rurales et les axes urbains marginalisés
et les taux d'intérêt qu'elles pratiquent sont encore élevés
par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays dont la situation
économique est similaire à celle du Maroc. Il est nécessaire
donc que l'Etat vienne en aide à ces associations pour que ces
buts soient atteints et c'est ce qui aura un impact positif sur l'ensemble
de l'économie marocaine. Les micro-crédits étant
destinés en général aux personnes défavorisées,
leur généralisation et la baisse de leurs taux d'intérêt
serviraient d'outil efficace pour lutter contre la pauvreté et
on pourrait même les considérer comme une forme de solidarité
socio-économique qu'il faut mettre en valeur. L'amendement de
la loi 18-97 est un acquis qu'il ne faut pas négliger mais les
textes ne sont pas suffisants à eux seuls pour réaliser
les objectifs escomptés et il faudrait penser à créer
une sorte de fonds pour financer ces crédits qui ne dépassent
pas généralement les 50.000 DH.
Les succès ne peut être réalisé qu'en mettant
en Œuvre les outils nécessaires pour rendre l'action des
associations, s'intéressant aux micro-crédits, plus efficace
et plus pragmatique et avoir ainsi plus d'impact dans la lutte contre
la pauvreté. Il va falloir au moins doubler ou tripler le nombre
des micro-crédits accordés pour qu'ils aient les effets
désirés, à savoir permettre à une large
part de la population, plus ou moins déshéritée,
de vivre de manière décente en exploitant leurs propres
potentialités et par conséquent faire insérer le
maximum de la population dans le processus de développement.
Mohamed
AOUZAL